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Compétition et sacré au haut Moyen Âge: entre médiation et exclusion (2-4 juillet 2012, Limoges)

Compétition et sacré au haut Moyen Âge: entre médiation et exclusion (IVe-XIe s.)

La compétition se définit comme la recherche simultanée par deux ou plusieurs personnes d’un même avantage, d’un même but ou d’un même résultat, ce qui renvoie à l’interaction. Les sociétés du haut Moyen Âge sont compétitives dans la mesure où :

- des richesses et des fonctions sont mises en jeu, offertes à la compétition : les femmes (pas d’obligation d’épouser telle ou telle femme), des honneurs, des terres, des biens précieux,

- une régulation de la circulation des richesses est assurée par le roi ou le prince, mais aussi par l’Eglise qui impose son système de représentation, ou simplement par des normes et coutumes sociales,

- une mobilité sociale est induite par la compétition.

Le programme de recherche sur la compétition dans les sociétés médiévales 400-1100 considère donc les objets de la compétition, les moyens et les formes de la compétition qui dépendent des capacités de régulation de cette même compétition : règles du jeu édictées par les autorités, mécanismes de médiation plus ou moins forts, équilibre de la terreur, la performativité des moyens : résultats en termes d’objets et d’enjeux, les possibilités de mobilité sociale, de changement de statut ou de position qui sont plus ou moins grandes selon les périodes et les espaces.

Les journées préliminaires des 19-20 novembre 2010 du programme ont permis de préciser notre objet d’étude et d’apporter des « conclusions préliminaires » qui permettent d’avancer dans la réflexion. On retiendra : la publicité, le jeu d’échelle, l’enjeu premier et les enjeux secondaires, la notion de « coopétition » (interaction entre compétition et coopération).

La rencontre de Limoges place le sacré au centre de la réflexion sur la compétition, mais il est nécessaire de ne pas restreindre le sacré à ce qui est consacré par l’autorité ecclésiastique. Si le sacré est bien ce qui est doté d’une
force surnaturelle et qui isole, la distinction sacré-profane ne passe pas complètement par l’opposition clercs-laïcs.

Avec le sacré on touche au pouvoir, puisqu’il ne peut y avoir de pouvoir légitime au Moyen Âge sans lien avec le sacré, quelle que soit la forme prise par la relation. Même si les clercs tendent à monopoliser de plus en plus le sacré par le biais du « consacré », la spécificité de la période prégrégorienne tient précisément à ce que le sacré n’est pas encore entièrement contrôlé par les clercs et qu’il est donc objet de compétition (sans parler de la compétition entre les membres du clergé). En même temps, le sacré est un instrument de la compétition et il est facteur d’exclusion.

Au coeur du questionnement sur le fonctionnement des sociétés médiévales, on étudiera :

- le sacré comme enjeu ou comme but de la compétition ;

- le sacré comme instrument de la compétition, soit comme moteur soit comme régulateur, ce qui fait intervenir la notion de médiation.
Parmi les thèmes qui pourraient être envisagés :

- l’Autorité, les figures d’autorité et les formes de légitimation (par exemple enjeux sociaux ou politiques des controverses théologiques ou des oppositions religieuses, rivalité dans les revendications de légitimité, potlatchs,liturgie, etc.) ;

- la compétition entre les différentes formes de sacralité (chrétiens/païens, pouvoir charismatique versus pouvoir institutionnel, sacralité féminine/sacralité masculine, moines/clercs, Irlandais/Romains, etc.) ;

- la compétition pour la gestion des objets ou des faits touchant au sacré ;

- les lieux et les objets du sacré (compétition pour et entre les lieux sacrés et mémoriaux, compétition autour des reliques, la compétition peut-elle conduire à désacraliser des objets ? On s’en tiendra à la valeur symbolique, les aspects matériels devant être traités dans le colloque suivant).

On s’intéressera aux conséquences de la compétition sur les formes et la représentation du sacré, à la spécificité et à la performativité du sacré dans la compétition, on gardera à l’esprit qu’il y a le plus souvent interrelation entre différentes formes de compétition pour un même objet, différentes armes utilisées et qu’il y a souvent un jeu d’échelle, l’échelon local s’articulant souvent sur un échelon plus élevé.