Colloques

Plusieurs colloques internationaux sont en préparation

Acquérir, prélever, contrôler: les ressources en compétition, 400 - 1100 (3-5 octobre 2013 - Rome)

Il est ici nécessaire d’éviter de répéter ce qui a été fait dans le colloque « les élites et la richesse » (Bruxelles, 2008) et de faire une description de l’exploitation, du contrôle et de l’exploitation des richesses ou de chercher une rationalité économique de la compétition à l’aune de nos propres critères. On s’intéressera :
- aux modes compétitifs d’acquisition des richesses : contrôle de la production, des échanges, part de la prédation (pillages, tributs, discussion du modèle de Reuter) ;
- à l’usage des richesses : accumulation/gaspillage/redistribution en relation avec les phénomènes de psychologie sociale et de stratégies individuelles (stress social…) ;
- à l’impact du développement des formes de médiation religieuse (donations aux églises, fondations religieuses etc.) sur les caractères et les formes de la compétition.

On entendra par ressources aussi bien les matières premières (sel, minerais etc.) que les espaces naturels (forêt, eau, etc.), les droits et revenus fiscaux (tonlieu, monnaie, justice etc.), les terres publiques. En ce qui concerne les ressources publiques, on mettra l’accent non seulement sur la compétition pour les obtenir (bénéfices etc.) mais aussi sur le statut particulier qu’implique le caractère public (plus-value symbolique, mémoire etc.) et sur les modes, les moments et les conséquences de l’appropriation.

On pourra s’interroger aussi sur les différences de développement technique et technologique entre régions comme facteur de compétition et de mobilité.

Les ressources en compétition : 3-5 octobre 2013, Rome - Programme

École française de Rome, Università degli studi Roma Tre, Université Paris 1 – LAMOP (UMR 8589), Université Paris-Ouest Nanterre-La Défense, Université Paris-Est Marne-La-Vallée, Università degli studi di Padova, Université de Limoges, Institut Universitaire de France

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Les ressources matérielles sont un élément fondamental de la compétition dans les sociétés médiévales mais cet aspect n’a guère été traité dans les études récentes sur les élites et les sociétés politiques. L’attention portait surtout sur les systèmes de valeurs qui présidaient aux actions des uns et des autres, spécialement des nobles, ce qui tendait à mettre au second plan les implications matérielles au sens large, alors que l’intérêt pour les ressources et leur usage reste central dans la perspective de l’histoire économique comme dans l’étude des sociétés paysannes. Après les réunions précédentes de Francfort (La compétition dans les sociétés du haut Moyen Âge, juin 2011, actes publiés aux éditions Brepols, automne 2012), de Paris (Genre et compétition, octobre 2011) et de Limoges (Compétition et sacré au haut Moyen Âge : entre médiation et exclusion, juin 2012), la rencontre de Rome se propose donc de réfléchir sur le lien entre la compétition dans les sociétés du haut Moyen Âge et les ressources matérielles (terres, églises et monastères, biens meubles, hommes), en tentant de répondre aux questions suivantes : à quels niveaux sociaux et entre quels acteurs les ressources pouvaient-elles être elles-mêmes l’un des objets de la compétition? Dans quelle mesure et par quels moyens la compétition sollicite-t-elle ou impose-t-elle de mobiliser des ressources, et à travers quels canaux? La disponibilité ou la rareté des ressources influe-t-elle sur les formes de la compétition, dans les mêmes conditions et à parité de niveau social? Quelles ressources étaient-elles mobilisées selon les divers types de compétition?
L'objectif est de prendre en considération la variété des milieux sociaux et institutionnels de l’Europe occidentale du haut Moyen Âge, de la famille aux élites politiques et religieuses, aux sociétés rurales, en contribuant à l’établissement d’une typologie et si possible d’une périodisation des relations entre compétitions et ressources.

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Programme

Jeudi 3 octobre 2013 - 9.30
Università Roma Tre

Vito LORÉ (Università Roma Tre)
Accueil et introduction

Héritages
Présidence : Régine LE JAN (Université Paris 1 - LAMOP)

Cristina LA ROCCA (Università di Padova) e Ignazio TANTILLO (Università di Cassino)
Le molteplici risorse del sottosuolo

Guy HALSALL (University of York)
Competition in early medieval politics: material and ideological aspects

Tiziana LAZZARI (Università di Bologna)
Scontri in famiglia: madri vedove, figli maschi e la gestione del patrimonio familiare (secoli VIII-X)

Discussions

15. 00
Pouvoir politique: les enjeux
Présidence : Jean-Claude MAIRE VIGUEUR (Università Roma Tre)

Giuseppe ALBERTONI (Università di Trento)
Ad terminos Sclavorum: la competizione per il controllo delle risorse nella regione tra Drava e Sava (secoli IX-XI)

Matthias HARDT (Universität Leipzig)
The importance of the slave trade for the Slavic princes of the early and high Middle Ages

Discussions

Rodolphe KELLER (Université Paris-Est)
Prédation et appropriation des biens de prestige dans le monde franc (VIIIe-IXe siècles)

Adrien BAYARD (Université Paris 1),
Accumuler, consommer et exhiber les ressources. Les lieux de pouvoir dans l’Auvergne des IXe et Xe siècles.

Lucie MALBOS (Université Paris 1)
Les ressources en compétition dans des territoires scandinaves disputés (première moitié du XIe siècle)

Discussions

Vendredi 4 octobre 2013 - 9.30
École française de Rome
Présidence : Geneviève BÜHRER-THIERRY (Université Paris-Est Marne-la-Vallée)

Philippe DEPREUX (Université de Limoges)
Les enjeux des partages territoriaux au haut Moyen Âge: l'acquisition de terres et de richesses? le contrôle des hommes?

Pouvoir politique: les règles

Josiane BARBIER (Université Paris-Ouest)
Compétitions entre agents du fisc, aristocrates et paysans autour des ressources naturelles et animales

Jean-François BOYER (Université de Limoges)
Compétitions autour de l’aurum pagense dans les royaumes mérovingiens

Discussions

Giacomo VIGNODELLI (SISMEL - Firenze)
Le regole della competizione per i beni fiscali e il loro sovvertimento: Ugo di Provenza e le aristocrazie del regno italico (926-945)

Giovanna BIANCHI (Università degli Studi di Siena) e Simone COLLAVINI (Università degli Studi di Pisa)
Risorse e competizione per le risorse nella Toscana dell’XI secolo

Discussions

15.00
Présidence : François BOUGARD (Université Paris-Ouest Nanterre la Défense)

Alessio FIORE (Università degli Studi di Torino)
I castelli strumento e oggetto della competizione per le risorse economiche (Italia centro-settentrionale, secc. X-XI)

Églises

Horst LÖßLEIN (Université de Limoges)
Les ressources en compétition: les conflits concernant Saint-Vaast et Saint-Servais de Maastricht entre les Grands et Charles III "le Simple"

Marco STOFFELLA (Università di Verona)
Risorse ecclesiastiche nella Toscana altomedievale (750-1050)

Discussions

Emilie KURDZIEL (Fondation Thiers)
Acquérir par la plume. Faux en écriture, clergé et compétition pour les ressources (royaume d'Italie, Xe-XIe siècles)

Thomas KOHL (Universität Tübingen)
Monasteries in Anjou and their resources in the 11th c. - between competition and conflict

Discussions

Samedi 5 octobre 2013 - 9.30
École française de Rome

Échanges
Présidence : Hans-Werner GOETZ (Universität Hamburg)

Chris LOVELUCK (University of Nottingham)
La dynamique entre richesse portable et statut social dans les ports et zones maritimes et fluviales du nord-ouest de l'Europe (c. 650-1000)

Alessia ROVELLI (Università della Tuscia)
La moneta nella competizione altomedievale

Laurent FELLER (Université Paris 1 - LAMOP)
Conclusions

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Comité scientifique
François Bougard (Université Paris-Ouest), Geneviève Bührer-Thierry (Université Paris-Est), Philippe Depreux (Université de Limoges), Stéphane Gioanni (EFR), Cristina La Rocca (Università di Padova), Régine Le Jan (Université Paris 1), Vito Loré (Università Roma Tre)

Contacts
École française de Rome
Stéphane Gioanni
Directeur des études médiévales
Grazia Perrino
Secrétariat des études médiévales
Piazza Farnese, 67 – 00186 Roma
Tél. (+39) 06 68 60 12 48 - secrma(a)efrome.it

Compétition et sacré au haut Moyen Âge: entre médiation et exclusion (2-4 juillet 2012, Limoges)

Compétition et sacré au haut Moyen Âge: entre médiation et exclusion (IVe-XIe s.)

La compétition se définit comme la recherche simultanée par deux ou plusieurs personnes d’un même avantage, d’un même but ou d’un même résultat, ce qui renvoie à l’interaction. Les sociétés du haut Moyen Âge sont compétitives dans la mesure où :

- des richesses et des fonctions sont mises en jeu, offertes à la compétition : les femmes (pas d’obligation d’épouser telle ou telle femme), des honneurs, des terres, des biens précieux,

- une régulation de la circulation des richesses est assurée par le roi ou le prince, mais aussi par l’Eglise qui impose son système de représentation, ou simplement par des normes et coutumes sociales,

- une mobilité sociale est induite par la compétition.

Le programme de recherche sur la compétition dans les sociétés médiévales 400-1100 considère donc les objets de la compétition, les moyens et les formes de la compétition qui dépendent des capacités de régulation de cette même compétition : règles du jeu édictées par les autorités, mécanismes de médiation plus ou moins forts, équilibre de la terreur, la performativité des moyens : résultats en termes d’objets et d’enjeux, les possibilités de mobilité sociale, de changement de statut ou de position qui sont plus ou moins grandes selon les périodes et les espaces.

Les journées préliminaires des 19-20 novembre 2010 du programme ont permis de préciser notre objet d’étude et d’apporter des « conclusions préliminaires » qui permettent d’avancer dans la réflexion. On retiendra : la publicité, le jeu d’échelle, l’enjeu premier et les enjeux secondaires, la notion de « coopétition » (interaction entre compétition et coopération).

La rencontre de Limoges place le sacré au centre de la réflexion sur la compétition, mais il est nécessaire de ne pas restreindre le sacré à ce qui est consacré par l’autorité ecclésiastique. Si le sacré est bien ce qui est doté d’une
force surnaturelle et qui isole, la distinction sacré-profane ne passe pas complètement par l’opposition clercs-laïcs.

Avec le sacré on touche au pouvoir, puisqu’il ne peut y avoir de pouvoir légitime au Moyen Âge sans lien avec le sacré, quelle que soit la forme prise par la relation. Même si les clercs tendent à monopoliser de plus en plus le sacré par le biais du « consacré », la spécificité de la période prégrégorienne tient précisément à ce que le sacré n’est pas encore entièrement contrôlé par les clercs et qu’il est donc objet de compétition (sans parler de la compétition entre les membres du clergé). En même temps, le sacré est un instrument de la compétition et il est facteur d’exclusion.

Au coeur du questionnement sur le fonctionnement des sociétés médiévales, on étudiera :

- le sacré comme enjeu ou comme but de la compétition ;

- le sacré comme instrument de la compétition, soit comme moteur soit comme régulateur, ce qui fait intervenir la notion de médiation.
Parmi les thèmes qui pourraient être envisagés :

- l’Autorité, les figures d’autorité et les formes de légitimation (par exemple enjeux sociaux ou politiques des controverses théologiques ou des oppositions religieuses, rivalité dans les revendications de légitimité, potlatchs,liturgie, etc.) ;

- la compétition entre les différentes formes de sacralité (chrétiens/païens, pouvoir charismatique versus pouvoir institutionnel, sacralité féminine/sacralité masculine, moines/clercs, Irlandais/Romains, etc.) ;

- la compétition pour la gestion des objets ou des faits touchant au sacré ;

- les lieux et les objets du sacré (compétition pour et entre les lieux sacrés et mémoriaux, compétition autour des reliques, la compétition peut-elle conduire à désacraliser des objets ? On s’en tiendra à la valeur symbolique, les aspects matériels devant être traités dans le colloque suivant).

On s’intéressera aux conséquences de la compétition sur les formes et la représentation du sacré, à la spécificité et à la performativité du sacré dans la compétition, on gardera à l’esprit qu’il y a le plus souvent interrelation entre différentes formes de compétition pour un même objet, différentes armes utilisées et qu’il y a souvent un jeu d’échelle, l’échelon local s’articulant souvent sur un échelon plus élevé.

Compétition et sacré : programme du colloque (2-4 juillet 2012)

Compétition et sacré au haut Moyen Âge : entre médiation et exclusion

2-4 juillet 2012, Limoges

Faculté des Lettres et des Sciences humaines, Salle des actes

Lundi 2 juillet matin

9h00 : Mot de bienvenue

Introduction par Régine Le Jan (Paris 1)

Matinée sous la présidence de François Bougard (Paris Ouest Nanterre La Défense)

9h45-11h15

Charles Mériaux (Lille 3/IUF) : Compétition autour de l’église rurale dans le monde franc

Marco Stoffella (Verona) : Ecclesiastici in città e in campagna. La competizione per le istituzioni religiose minori in Italia centro-settentrionale (secc. VIII-XI).

11h45-12h30

Céline Martin (Bordeaux 3) : Valerius et l’Ennemi. Grands propriétaires, clercs, cénobites et ermites face au contrôle du sacré dans le Bierzo du VIIe siècle

Déjeuner au Restaurant universitaire

Lundi 2 juillet après-midi

Après-midi sous la présidence de Cristina La Rocca (Padoue)

14h30-16h45

Rutger Kramer (Vienne) : « ...quia cor regis in manu Dei est... » : the Pharaoh in Carolingian Monastic Narratives

Albrecht Diem (Syracuse U., New York) : Diversity and Reform in Early Medieval Monasticism(s)

Stéphane Gioanni (École française de Rome) : Les listes d’auteurs « à lire » et « à proscrire » dans la constitution du Canon ecclésiastique : sélection, compétition et exclusion dans le haut Moyen Âge

17h15-18h45

Steffen Patzold (Tübingen) : Contentio et emulatio. La différence entre compétition positive et négative à l’époque carolingienne

Charles West (Sheffield) : Competing for the Holy Spirit : Humbert of Moyenmoutier and the problem of simony

Mardi 3 juillet matin

Matinée sous la présidence de Vito Loré (Roma Tre)

9h00-10h30

Florence Close (Liège) : Les interventions pontificales dans les affaires religieuses franques antérieures à l’alliance franco-pontificale (714-751)

Annette Grabowsky (Tübingen) : La papauté autour de 900 entre sacré et pouvoir: traditions, légitimations, ambitions

11h00-12h30

Giorgia Vocino (Utrecht) : Auctoritates et litterae sacrae. Le recours aux paroles de l’hagiographie pour la résolution de la compétition pour la primauté patriarcale entre l’Église de Cividale et l’Église de Grado au IXe siècle

Francesco Veronese (Padoue) : Saint Marc entre Venise et Reichenau : une compétition d’époque ottonienne ?

Déjeuner au Restaurant universitaire

Mardi 3 juillet après-midi

Après-midi sous la présidence de Régine Le Jan (Paris 1)

14h30-16h00

Geneviève Bührer-Thierry (Paris Est Marne-la-Vallée) : La compétition liturgique entre Grecs et Latins en Europe centrale aux IXe-Xe siècles

Hans-Werner Goetz (Hamburg) : La lutte des dieux. Remarques sur l’argumentation et les concepts des missionnaires au Haut Moyen Âge

16h30-18h00

Alban Gautier (U. Littoral, Boulogne-sur-Mer) : À qui appartient saint Alban ? Mémoires affrontées des martyrs de la Bretagne romaine

Antonio Sennis (London), Visions, dreams and political conflict in medieval Italy (10th-11th centuries)

Mercredi 4 juillet matin

Matinée sous la présidence de Hans-Werner Goetz (Hambourg)

9h00-10h30

Gaëlle Calvet-Marcadé (Docteur de l’université de Paris 1 / Boursière de la Fondation Thiers) : L’abbé spoliateur de biens monastiques (Francie du Nord, IXe siècle)

Noëlle Deflou-Leca (Grenoble 2) : La compétition pour l’abbatiat dans le contexte réformateur du Xe siècle : entre convoitise et stratégie d’exclusion

11h00-12h30

Wendy Davies (professeur émérite, University College London) : Competition for control of holy places in northern Iberia in the ninth and tenth centuries

Conclusions par Alain Dierkens (Université Libre de Bruxelles)

Déjeuner au Restaurant universitaire

Mercredi 4 juillet après-midi

Visite guidée de la cathédrale Saint-Étienne de Limoges, par Éric Sparhubert

Le colloque « Compétition et sacré au haut Moyen Âge : entre médiation et exclusion » s’inscrit dans le cycle de manifestations scientifiques du groupe international de recherches sur la compétition dans les sociétés médiévales (400-1100) : http://www.medieval-competition.eu.
Le programme de recherche sur la compétition dans les sociétés médiévales considère les objets de la compétition, les moyens et les formes de la compétition qui dépendent des capacités de régulation de cette même compétition : règles du jeu édictées par les autorités, mécanismes de médiation plus ou moins forts, équilibre de la terreur, la performativité des moyens : résultats en termes d’objets et d’enjeux, les possibilités de mobilité sociale, de changement de statut ou de position qui sont plus ou moins grandes selon les périodes et les espaces. La rencontre de Limoges place le sacré au centre de la réflexion sur la compétition, mais il est nécessaire de ne pas restreindre le sacré à ce qui est consacré par l’autorité ecclésiastique. Si le sacré est bien ce qui est doté d’une force surnaturelle et qui isole, la distinction sacré-profane ne passe pas complètement par l’opposition clercs-laïcs. Avec le sacré on touche au pouvoir, puisqu’il ne peut y avoir de pouvoir légitime au Moyen Âge sans lien avec le sacré, quelle que soit la forme prise par la relation. Même si les clercs tendent à monopoliser de plus en plus le sacré par le biais du « consacré », la spécificité de la période prégrégorienne tient précisément à ce que le sacré n’est pas encore entièrement contrôlé par les clercs et qu’il est donc objet de compétition. En même temps, le sacré est un instrument de la compétition et il est facteur d’exclusion.

Colloque international

en collaboration avec l’École française de Rome,
l’université de Lille 3 Charles-De-Gaulle / UMR 8529 (IRHIS),
l’université de Limoges / EA 4270 (CRIHAM, Poitiers-Limoges),
l’université de Paris 1 / UMR 8589 (LAMOP),
l’université de Paris Est Marne-la-Vallée / EA 3350 (ACP),
l’université de Paris Ouest Nanterre La Défense / UMR 7041 (ArScAn),
l’université de Roma Tre
et l’université de Tübingen,
et avec le soutien de l’Institut universitaire de France,
du Conseil régional du Limousin et de la ville de Limoges

Organisation : Philippe Depreux (Université de Limoges/IUF)
Contact : philippe.depreux[a]unilim.fr

Inscription au colloque auprès de Mme Danièle Bierne (daniele.bierne@unilim.fr) avant le 25 juin 2012
Frais d’inscription au colloque : 15 €
(cf. coupon d’inscription)

Rivaliser, coopérer: vivre en compétition dans les sociétés du haut Moyen Âge - Venise, 19-21 mars 2015

Cette rencontre est la dernière d’une série sur la compétition dans les sociétés du haut Moyen Age. Il s’est avéré que la démarche opposant compétition et coopération était réductrice, car elle occultait les formes de coopération entre des partenaires en compétition et elle conduisait à accentuer l’opposition entre périodes dites de crise et périodes dites de stabilité.

La rencontre de Francfort a d’emblée mis l'accent sur les jeux, qui relèvent d’une compétition non agressive, contrôlée, entre des partenaires qui non seulement ne cherchent pas à éliminer les autres, mais qui sont aussi capables de coopérer. Dans les rencontres qui ont suivi et qui ont mis au cœur de l’analyse le sacré et les ressources, la Game theory a été plusieurs fois convoquée pour comprendre les stratégies développées par des partenaires multiples, qui doivent tenir compte de nombreux facteurs interdépendants, alors qu’aucune décision ne peut être prise isolée d'une autre série de décisions. La théorie des jeux permet de comprendre que très souvent les compétiteurs acceptent de perdre avant de gagner, et que parfois, plutôt que de gagner, ils peuvent vouloir simplement neutraliser leurs rivaux, les empêcher de prendre avantage sur les autres, dans l’espoir de mieux gagner ailleurs, un processus pour lequel les chercheurs en sciences sociales ont forgé le terme de «coopétition». La coopétition permet de définir le jeu des interactions entre des acteurs qui rivalisent et qui collaborent en même temps, en insistant de plus en plus sur la dimension psychologique des interactions. Le choix de collaborer avec un compétiteur implique en effet de la confiance (trust). Or, c’est précisément la fides – qui combine fidélité, foi et confiance- qui est le lubrifiant essentiel de la société médiévale, mais le climat de confiance et la capacité à coopérer en rivalisant varie selon les périodes, selon les lieux et selon les catégories sociales.

Dans ce colloque, on cherchera à tester le modèle de la coopétition dans une dimension chronologique. A l’aide de cas concrets, il s’agira de déconstruire la notion de période de crise et de période de stabilité, au prisme de la coopétition, ou si l’on préfère du rapport amitié-haine. On prendra en compte les différents paramètres (nature des interactions d’un côté, volonté /capacité des autorités à susciter le consensus et la coopération, volume des biens en compétition, convergence et conflit de valeurs de l’autre). On sera donc particulièrement attentif aux jeux d’échelle (en particulier aux relations centre-périphérie, à toutes les époques considérées) et au degré d’intégration des acteurs sociaux dans des groupes plus ou moins larges : dans un groupe très large, le degré d’intégration est faible, il y a peu de compétition et peu de collaboration, sauf si une autorité supérieure cherche à insuffler une forte identité, au besoin contre des ennemis extérieurs. En revanche, des relations plus intenses, dans des communautés comme les familles, les monastères, les fraternités et confraternités, les guildes, ou même les cours, peuvent susciter collaboration et émulation, sans pour autant que la société soit davantage «pacifiée» ou ordonnée.

On souhaite prendre en compte tous les espaces et focaliser l’attention sur trois périodes caractérisées, semble-t-il plus que d’autres, par une alternance d’instabilité et de stabilité sur le plan politique : 550-650, 800-900, 1050-1120.

Rivaliser et coopérer: programme du colloque (19-21 mars 2015, Venise)

Venise, Scuola grande di San Marco,
Campo SS. Giovanni e Paolo, Castello 6777, Venezia
19-21 mars 2015

Colloque international organisé par l’université Cà Foscari de Venise et l’université Paris-1 Panthéon-Sorbonne (UMR 8589 LAMOP)

avec le concours de l’Institut universitaire de France, de l’École française de Rome, de l’université Paris Ouest Nanterre-La défense, de l’université du Littoral Côte d’Opale (Boulogne-sur-Mer), de l’université Charles-de-Gaulle Lille 3, de l’université de Reims Champagne-Ardenne, de l’université de Padoue, de l’université Rome-3 et de l’université de Vérone

Jeudi 19 mars

13h30 Accueil
14h-14h30 : Régine Le Jan (Paris-1), Introduction

550-650

14h30-15h : Verena Epp (Marburg), Coopétition à la cour de l’Empire Romain d`Orient (400-650)
15h-15h30 : Stefano Gasparri (Venise), Compétition ou collaboration ? Les Lombards, les Romains et les évêques jusqu’au milieu du VIIe siècle
15h30-16h : Hans Werner Goetz (Hambourg), Grégoire de Tours a-t-il perçu la coopétition ?
Pause
16h30-17h : Charles Mériaux (Lille-3), L’accès à l’épiscopat et à l’abbatiat : un marqueur de crise en Gaule mérovingienne (milieu VIe-milieu VIIe siècle) ?
17h-17h30 : Bruno Dumézil (Paris Ouest), La compétition pour la régence en Austrasie entre 575 et 587
17h30-18h : Thomas Lienhard (Paris-1), Remarques à propos des partages territoriaux mérovingiens dans la seconde moitié du VIe siècle

Vendredi 20 mars

550-650 (suite)

9h-9h30 : Adrien Bayard (Paris-1), De la civitas au royaume. Analyse des réseaux en coopétition pour la cité de Clermont (550-580)
9h30-10h : Ian Wood (Leeds), La compétition monastique à l’âge de saint Colomban
10h-10h15 : Pierre Pelloux (Paris Ouest), conclusion intermédiaire
Pause

800-900

10h45-11h15 : Philippe Depreux (Hambourg), Une institution « coopétitive » entre les élites ecclésiastiques et laïques au IXe siècle ? L´avouerie dans l´empire carolingien
11h15-11h45 : Martin Gravel (Paris-8), Pourquoi Loup ne s'est-il pas présenté à l'assemblée de Chartres ? Les tactiques coopétitives de l'affaire de Saint-Josse
11h45-12h15 : Warren Pezé (Paris-1, Paris Ouest), Compétition et fidélité à l'épreuve de la guerre civile, 838-843
12h15-12h45 : Marco Stoffella (Vérone), Collaborazione e competizione nelle esecuzioni testamentarie dell'Italia carolingia
Déjeuner

14h30-15h : François Bougard (Paris Ouest, IRHT), Évêques et comtes entre concurrence et collaboration
15h-15h30 : Tiziana Lazzari (Bologne), Arcivescovi e aristocrazie di Ravenna e Regno: contrasti, rivalità e rapporti di collaborazione
15h30-16h : Giorgia Vocino (Cambridge, IRHT), Garder ses distances tout en restant fidèles. La redéfinition de la géographie de la sainteté entre Rome, Farfa et Spolète (VIIIe-IXe siècles)
Pause
16h30-17h : Alban Gautier (Boulogne), Alfred le Grand et les pagani : entre confrontation et coopération
17h-17h30 : Shane Bobricki (Harvard), La compétition et la foule entre Antiquité tardive et haut Moyen Âge
17h30-17h45 : Sylvie Joye (Reims), conclusion intermédiaire

Samedi 21 mars

1050-1120

9h-9h30 : Charles West (Sheffield, Berlin), From Co-opetition to Competition? Relations between the laity and the religious in southern Lotharingia, c.1050-1120
9h30-10h : Florian Mazel (Rennes 2), Frères ennemis et arbitrage pontifical. La compétition intra-familiale au sein des lignées princières françaises à l'âge grégorien
10h-10h30 : Geneviève Bührer-Thierry (Paris-1), Coopérer, rivaliser dans le royaume de Germanie (1050-1105)
Pause
11h-11h30 : Chris Loveluck (Nottingham), Coopétition et monde urbain, c. 1050 – 1120 : études de cas archéologiques du nord-ouest de l’Europe
11h30-12h : Vito Lorè (Roma Trè), Coesione aristocratica e competizione politica. Italia meridionale, XI secolo
12h-12h30 : Stéphane Gioanni (École française de Rome), Les actes de donations royales et aristocratiques aux églises latines dans le Royaume croate (Xe-XIe siècle) : de l'écriture du consensus et à la compétition
Déjeuner

14h30-15h : Adam Kosto (Columbia), Too Many Kings? Iberia, 1050-1120
15h-15h30 : Lucie Malbos (Paris-1, Evry), Le roi, les grands et les évêques : alliés ou concurrents dans la Norvège d'Olaf III ?
15h30-15h45 : Steffen Patzold (Tübingen), conclusion intermédiaire
Pause
16h15-17h15 : Cristina La Rocca (Padoue) et Chris Wickham (Oxford), conclusions générales